Autochromes Lumière

Index des photographes

BALAGNY, Georges-Auguste
16 février 1839, Paris-Batignolles - 15 décembre 1919, Paris, 17e

Fils du notaire et maire de la commune des Batignolles Auguste Balagny, Georges Balagny débute une carrière de clerc dans l'étude de son père. Bachelier Es-Lettres et Es-Sciences, docteur en droit en 1867, il devient avocat, mais sa passion pour la chimie le pousse à étudier la photographie. Il se consacre au perfectionnement des émulsions photographiques, particulièrement le collodion sec. Puis, il s'engage dans la fabrication des plaques et papiers photographiques. Il achète plusieurs brevets belges attachés à ces nouveaux produits, et contribue ainsi nettement à leur introduction sur le marché français. Et il devient l'un de ses plus fins techniciens. Parmi ses nombreuses fonctions, il intègre la SFP en 1876 et devient membre du conseil d'administration en 1899. Il assure également la présidence de la Société d'études photographiques de France.
À partir de 1885, ces activités l'amènent à établir des liens de plus en plus étroits avec la maison Lumière. Il cède à cette même société, ses brevets pour la fabrication de papiers souples. À ces relations commerciales, se substituent des accords industriels et financiers. Parallèlement, les Balagny et les Lumière tissent des liens privilégiés. Au début du siècle, Georges est un véritable homme de confiance pour Antoine Lumière. il réalise de magnifiques autochromes dans la forêt de Fontainebleau.

Société française de photographie - SFP


BECQUEREL, Henri
15 décembre 1852, Paris - 25 août 1908, Le Croisic (Loire-Atlantique)

La famille Becquerel, grande dynastie de professeurs du Muséum, eut à l'évidence des liens privilégiés avec la photographie. Edmond Becquerel (1820-1891) réussit le 7 février 1848 à imprimer l'image du spectre solaire sur une plaque d'argent et posa les premiers jalons de la photographie en couleurs. Son fils, Henri Becquerel (1852-1908), découvrit la radioactivité en mars 1896 en essayant de fixer par la photographie la fluorescence dégagée par les sels d'argent. Les archives de ce dernier recèlent un ensemble d'autochromes stéréoscopiques familiaux et intimes, de vues de quartiers de Paris et enfin, cette image rare d'un de ses assistants de laboratoire.

Muséum nationale d'histoire naturelle - MNHN


BERGON, Louis-Jacques-Paul
27 septembre 1863, Paris 11e - 1912, Paris

Fils du banquier Bernard Frédéric Bergon et neveu de René Le Bègue, Paul Bergon est tout à la fois, musicien, biologiste et alpiniste. Affilié également à Sosthène Pector et Jules Devinck, il est initié à la photographie par son entourage familial. Bergon embrasse la carrière de photographe à partir de 1885. Spécialiste de nu artistique, il réalise lui-même ses épreuves au charbon. Il forme le trio des Nudistes avec son oncle René Le Bègue et Achille Lemoine, et devient un des représentants majeur du pictorialisme français. Membre de la SFP à partir de 1896, il pratique la photographie des couleurs lors de l'avènement de l'autochrome en 1907. On lui doit de magnifiques paysages, des scènes de genre, des portraits de femmes nues et drapées.

Société française de photographie - SFP


BOURÉE, Henri-Jean-Alfred
1er janvier 1873, Paris 8e - Saint-Symphorien (rattachée à Tours en 1940), (Indre-et-Loire)

En 1906, le Lieutenant de vaisseau Henri Bourée est détaché par la Marine française auprès de S.A.S le Prince Albert Ier de Monaco en qualité d'aide de camp. Jusqu'en 1914, il participera à toutes les campagnes menées par ce pionnier de l'océanographie moderne. Nommé Chef de cabinet scientifique du Prince en 1907, il se passionne pour les problèmes techniques de l'océanographie et contribue à la mise au point d'appareils de mesure, de prélèvement et de collecte.
Ce cinéaste et photographe de grand talent est l'un des principaux auteurs des photographies réalisées au cours des campagnes. C'est lui qui teste à bord les autochromes Lumière et cherche à mettre au point une méthode de prise de vue des animaux récoltés adaptée aux conditions du bord. En professionnel de la photographie, il expérimente, traite lui-même ses plaques, cherche des méthodes inédites et publie notes ou fascicules sur le sujet.
Dans son ouvrage paru en 1912 aux éditions C. Delagrave à Paris et intitulé L'océanographie vulgarisée. De la surface aux abîmes, la photographie en couleur d'une physalie, réalisée le 9 août 1909, est reproduite. Avec les 43 autochromes légués en 1994 par sa fille, Mme Jean Michel, au Musée océanographique de Monaco, c'est aujourd'hui l'un des rares témoignages de ses travaux avec les autochromes Lumière.
La quasi-totalité de sa collection photographique personnelle fut malheureusement détruite pendant la 2e Guerre mondiale.
Dates des prises de vues : 1907-1914

Musée océanographique de Monaco, Fondation Albert Ier, Prince de Monaco


BREUIL, Henri- Édouard-Prosper
28 février 1877, Mortain (Manche) - 14 août 1961, L'Isle-Adam (Val d'Oise)

Professeur au Collège de France (1929-1946), à l'université de Fribourg (1905) puis à l'Institut de paléontologie humaine (1910), membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres (1938), l'Abbé Henri Breuil fut l'une des figures les plus marquantes des études préhistoriques. Servi par une longévité scientifique et une capacité de travail et d'analyse remarquables, il fut l'un des acteurs majeurs de la reconnaissance de l'art pariétal et de l'étude des industries lithiques du Paléolithique. Passionné très jeune par l'histoire naturelle, c'est au séminaire sulpicien (1895), grâce à l'un de ses professeurs, qu'il découvre la préhistoire. Dès lors, il va placer sa vie sous une double vocation, ecclésiale et scientifique, et parcourir le monde pour étudier sites et collections. Il effectuera ainsi de très nombreux voyages en Espagne.
Dates des prises de vues : 1910-1918

Institut de paléontologie humaine, Fondation Albert Ier, Prince de Monaco

BRUNHES, Jean
1869, lieu de naissance non identifié - 1930, lieu de décès non identifié

Jean Brunhes a pris lui-même peu de clichés pour les Archives de la Planète (une quinzaine en Italie en 1913) mais il en a été le directeur scientifique de 1912 à son décès. Il a par ailleurs beaucoup pratiqué la photographie et utilisé dans ses publications. Il initie les missions avec Albert Kahn puis en assure la préparation pratique. Il donne des consignes de prises de vue  aux opérateurs (sujets à fixer, plans larges puis rapprochés?). À plusieurs reprises, il part en mission avec un opérateur des « Archives de la Planète ». Il ira en Italie, dans les Balkans, en Espagne, en Syrie et au Liban, au Canada (avec sa fille Mariel) et en France. Il projette les plaques autochromes pour illustrer ses cours de géographie humaine au Collège de France. Cette chaire était financée par Albert Kahn pour « donner un droit de cité scientifique » aux Archives de la Planète.

Musée départemental Albert-Kahn

BUSY, Léon
1874, lieu de naissance non identifié - 1951, lieu de décès non identifié

Léon Busy est diplômé de l'École polytechnique. Il choisit la carrière militaire et opte pour l'armée coloniale. Il est nommé en 1898 lieutenant d'intendance à Hanoi, capitale du protectorat du  Tonkin (aujourd'hui au Vietnam) et avait appris la langue annamite. Il se passionne pour la photographie et entre à la Société française de photographie en 1913 dont il sera membre jusqu'en 1924. Dés 1914, il est récompensé pour ses plaques autochromes. La même année, il propose à Jean Brunhes, sans doute sur le conseil d'un ancien boursier d'Albert Kahn, de se mettre au service des « Archives de la Planète », en prenant des vues lors de ses séjours en Indochine ou de ses escales (il rentre un an en France tous les deux ans).
Cette proposition acceptée, il fournira ainsi plus de 1 700 plaques, datées de 1914-1917 pour le Tonkin et de février-mars 1921 pour le Cambodge, lesquelles témoignent de la maîtrise technique du procédé et d'un regard à la fois intellectuel et intime. Son travail est notamment projeté à la Société de géographie. Léon Busy se passionne aussi  pour les problèmes techniques (il invente en 1921 l' « actinophote », un appareil qui permet de déterminer le temps de pose nécessaire à l'obtention d'une bonne autochromie) et parraine à la Société de photographie plusieurs des opérateurs Kahn. Après sa retraite de l'Armée, il continue à photographier le Tonkin pour l'administration et rentre en France en 1931.
Dates des prises de vues : 1914-1931

Musée départemental Albert-Kahn